Copenhague-Table-01

Travail individuel ou travail de groupe ?

By Weuss | Mémoire | No Comments

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Sur un chemin montant, sablonneux, malaisé,

et de tous les côtés au soleil exposé,

six forts chevaux tiraient un coche.

La Fontaine

L’union fait la force ? À certaines conditions…

11.1. INTÉRET ET DIFFICULTÉS DU TRAVAIL EN GROUPE

Le mémoire a longtemps été considéré comme une activité individuelle permettant à l’étudiant de réaliser un travail autonome, sous sa responsabilité et de parcourir ainsi toutes les étapes d’une recherche. Diverses circonstances sur lesquelles je ne reviendrai pas ont mis en cause cet état de fait. Aujourd’hui, les positions ont partiellement changé.

Concrètement, certaines institutions de formation exigent encore le travail individuel. D’autres lui donnent la préférence, mais autorisent le travail de groupe. Quelques-unes enfin préfèrent et encouragent le travail de groupe. Sur ces questions, les débats ont été nombreux et l’encre a coulé. Il me paraît que les deux types de mémoires ont leurs avantages et leurs inconvénients. Il s’agit de choisir sa voie avec le maximum de lucidité. Tentons de mettre en évidence les données du problème.

Dans le schéma de la page suivante, je propose un modèle de réflexion sur les différences entre les deux types de mémoires. Prenez-en connaissance, vous constaterez que la présentation est limitée parce que très schématisée. Tout le monde connaît la complexité de l’activité en groupe. Nous savons que les cours et sessions qui préparent aux activités de groupe fleurissent aujourd’hui et constituent même un marché juteux. Les groupes de travail ne sont pas épargnés par l’imprévisible. Je connais des mémoires de groupe qui se sont achevés par d’heureux mariages, d’autres qui sont à l’origine de brouilles tenaces. N’en disons pas plus.

11.2. LA PLANIFICATION DE LA DIVISION DU TRAVAIL

Une chose est certaine, le travail de groupe implique une organisation de la division du travail. C’est une activité qui doit définir :

— les tâches qui seront réalisées en commun ;

— celles qui seront déléguées à chacun des membres du groupe ;

— les modalités de restitution à l’ensemble du groupe ;

— les modalités de contrôle ;

— les modes de communication permettant à chacun de maintenir une vue d’ensemble sur le mémoire.

Précisons que cette tâche doit être réalisée au début de la démarche ; il convient cependant de la renouveler chaque fois que vous opérez des changements significatifs.

11.3. LES CONDITIONS DE MAÎTRISE DE LA GLOBALITÉ

Pour qu’il y ait groupe de travail et surtout travail de groupe, il est bon de tendre vers un idéal : que chacun maîtrise l’ensemble du mémoire pendant les phases de réalisation et à son terme. Il faut également que chacun participe activement aux étapes clés de la réalisation afin d’être en mesure de prendre part aux travaux de synthèse et à l’élaboration des conclusions. Cela ne va pas de soi. Quelques précautions s’imposent ; indiquons-les brièvement

ici-schéma

  1. a) L’élaboration du projet et la construction des plans doivent être faites en commun.
  2. b) Dans toute la mesure du possible, chacun doit en tout temps avoir accès à l’ensemble du travail déjà réalisé (la technique du classeur est particulièrement opportune pour atteindre cet objectif).
  3. c) Le plan de rédaction doit être spécialement explicite et détaillé.
  4. d) Tous les chapitres doivent être discutés en séances communes.

11.4. LES CONDITIONS MATÉRIELLES DE LA COLLABORATION

De tels objectifs seront d’autant plus facilement atteints que vous tiendrez compte de quelques conditions matérielles susceptibles de stimuler le travail de groupe :

— planifiez des rencontres régulières ;

— évitez les espaces-temps trop longs entre les séances de groupe ;

— essayez de réunir la documentation dans un lieu facilement accessible à tous et d’adopter une gestion informatique compatible;

— soignez la forme des documents de travail pour qu’ils puissent être lus par tous ;

— tenez compte explicitement de la diversité des ressources matérielles de chacun des membres du groupe ;

— prenez en considération les capacités et les rythmes de travail de chacun ;

— etc.

 

11.5. DIFFICILE DE SE RACONTER DES HISTOIRES

Le mémoire est une épreuve implacable pour un groupe. La sympathie est nécessaire, elle n’est pas suffisante. Inutile de se raconter des histoires, de mettre sous le boisseau les différences, les difficultés de chacun, voire les désaccords. Tôt ou tard, ils resurgissent plus intensément et peuvent mettre en cause la réussite du projet. Dans le cadre du travail de groupe, l’application du test présenté au chapitre 4 est particulièrement importante. Sans tomber dans le voyeurisme, une réelle franchise est nécessaire. Elle est condition de la reconnaissance des différences, de la bonne utilisation des compétences spécifiques de chacun et de la saine gestion des compromis inévitables.

 


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