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Suggestions pour l’écriture

By Weuss | Mémoire | No Comments

18

L’écriture est la peinture de la voix.

Voltaire

Savoir à qui l’on s’adresse, c’est une chose. Encore faut-il savoir comment écrire. Et ce n’est pas un problème facile à résoudre. Nous venons de vivre les affres de Jules Amiguet. S’il existait des règles simples et universelles, elles seraient largement connues. Plusieurs ont déjà fait de multiples expériences d’écriture ; pour d’autres, le mémoire représente une situation nouvelle. Je risque donc quelques suggestions.

18.1. LA LONGUEUR DES PHRASES

Évitez les phrases trop longues. Elles sont difficiles à manier et à rendre claires. Pourquoi ne pas répéter le sujet ? Ou réduire le nombre des propositions subordonnées ?

18.2. L’UTILISATION DES ABRÉVIATIONS ET DES CODES

Votre lecteur peut légitimement espérer pouvoir comprendre votre texte sans recourir à un dictionnaire des sigles et des abréviations. Je suggère d’éliminer ceux-ci dans toute la mesure du possible. Ne conservez que les sigles largement connus (par exemple ONU) ou ceux qui reviennent à de très nombreuses reprises dans votre mémoire. J’ai lu récemment la phrase suivante : « Les ET et les TA mettent en place une commission au sein de l’ASE, pour analyser les propositions formulées par la CR. » Traduction : « Les ergothérapeutes et les thérapeutes d’animation mettent en place une commission, au sein de l’Association suisse des ergothérapeutes, pour analyser la proposition formulée par la Croix-Rouge. » Malheur à ceux qui ne font pas partie des initiés capables de faire la traduction simultanée.

18.3. LE SENS DU PARAGRAPHE

Il est toujours plus aisé de lire un document riche en paragraphes et en sous-titres ; surtout lorsqu’il traite de questions techniques. Allez souvent à la ligne, vous aiderez ainsi le lecteur à comprendre les articulations de votre texte.

En revanche, évitez la prolifération des énumérations ou des séries d’énumérations qui se succèdent dans un même chapitre. On s’y perd. Votre texte doit être rédigé, en principe, avec des phrases complètes. C’est essentiel. Les phrases complètes permettent d’exprimer entièrement votre pensée ; la multiplication des membres de phrases incomplets est un moyen de ne pas prendre position.

18.4. LA DÉFINITION DES TERMES UTILISES

La définition des termes clés utilisés dans votre étude est d’autant plus nécessaire que vous souhaitez atteindre un public large et diversifié. Vous pouvez placer ces définitions dans le corps du texte ou, le cas échéant, en note. Dans la mesure où vous savez que la signification de certains termes fait l’objet de débats, il vous incombe de faire la chasse aux sources de malentendus. Un test : demandez à un ami de lire le premier chapitre que vous avez rédigé.

18.5. LA PAGE BLANCHE

Votre plan de rédaction est bien fait, explicite et détaillé. Vous avez soigneusement inscrit le titre d’un paragraphe au sommet d’une page blanche. Il vous semble que vous savez ce que vous allez écrire. Mais, rien ne vient. Dix minutes déjà. Permettez une suggestion. Vous prenez une autre feuille blanche, vous écrivez dans le désordre tout ce qui vous vient à l’esprit et vous relisez ces phrases en tentant de les ordonner. Et vous reprenez votre première page. Souvent, le déclic se produit.

18.6. L’UTILISATION DE LA PONCTUATION

Beaucoup estiment que la ponctuation, c’est la respiration de la phrase ; un élément de clarté qui permet de saisir l’ordre, la liaison, les rapports des idées. Elle serait l’art d’indiquer dans le discours écrit, par le moyen de signes conventionnels, soit les pauses à faire dans la lecture, soit certaines modifications mélodiques du débit, soit encore certains changements de registre dans la voix.

En fait, l’usage laisse une certaine latitude dans l’emploi des signes de ponctuation. Certains multiplient les virgules et les points virgules, les deux points ; d’autres n’en usent qu’avec modération. On sait qu’Aragon refusait la ponctuation quand il affirmait : « Tout le monde a essayé de me la faire remettre ! Mais j’ai lassé mon monde, et maintenant c’est une affaire réglée. »

Le mémoire étant un genre particulier, il semble bien qu’un bon usage de la ponctuation puisse en faciliter la lecture et la compréhension. C’est la raison pour laquelle j’ai tenu à indiquer en annexe les règles élémentaires de la ponctuation. Pour plus de détails, consultez les grands dictionnaires ou la grammaire Grévisse (ou lisez l’annexe à ce chapitre).

18.7. L’UNITÉ DU STYLE

C’est un objectif vers lequel il faut tendre. Or, la rédaction du mémoire constitue pour beaucoup la première longue activité d’écriture à laquelle ils s’adonnent. Il est donc probable et normal que se dessine une différence de style entre les premiers chapitres rédigés et les suivants. C’est un état de faits qui peut, voire, doit être corrigé ; en particulier, en procédant à une révision des premiers chapitres. Une harmonisation de l’expression peut également s’imposer en ce qui concerne l’utilisation des temps (l’imparfait, le présent, etc.) ou la longueur des phrases.

18.8. EN CAS DE BLOCAGE

Les blocages, ça existe. Avant d’appeler au secours, essayez quelques solutions simples :

— vous relisez le plan général et le chapitre que vous venez d’écrire ;

— vous faites une petite pause et vous tentez de vous exprimer librement et par écrit sur le thème du paragraphe qui vous paraît insurmontable ;

— vous passez à un autre paragraphe, voire à un autre chapitre ;

— vous vous adonnez à quelques tâches simples (numérotation des pages, vérification des citations, classement des documents, etc.) ;

— et il y a sans doute d’autres recettes.

N’oubliez pas qu’un ami ou votre directeur de mémoire peuvent vous aider.

Il y aurait évidemment beaucoup d’autres problèmes à aborder. Si l’écriture doit être la plus claire possible, elle ne doit pas devenir une obsession. La lecture attentive d’un bon livre peut être un stimulant précieux. Faites un essai. Et puis, l’écriture des premières pages est le plus souvent pénible ; c’est normal. N’oubliez pas que bientôt votre plume va se délier et se révéler beaucoup plus docile.

18.9. ANNEXE : RÈGLES DE PONCTUATION

(Extraits du Dictionnaire Quillet)

DÉFINITION

La ponctuation est l’ensemble des signes qui, dans l’écriture, servent à marquer les séparations entre les différentes phrases d’un texte, entre les parties principales de chaque phrase et, par conséquent, les pauses et arrêts indispensables au lecteur. C’est un des éléments des procédés de présentation graphique de la phrase phonétique. Elle correspond à des modulations, à des arrêts, à des suspensions de la voix, par suite aux différentes nuances de la pensée. Selon les cas, elle sépare ou elle unit les éléments de la phrase.

La ponctuation est la forme la plus importante de l’orthographe. Un texte mal ponctué est difficile, sinon impossible, à lire et même à comprendre, car il peut prêter à des erreurs d’interprétation. Cependant, la ponctuation est, dans une certaine mesure, personnelle et varie selon les auteurs, au moins dans ses détails secondaires (dans ce cas, elle unit les éléments ainsi isolés plutôt qu’elle ne les sépare).

EMPLOI DES SIGNES DE PONCTUATION

  1. l) Le point

Il sert à indiquer que la phrase est achevée, que le sens en est complet.

2) La virgule

Elle marque une séparation faible. Elle sépare :

  1. a) les propositions juxtaposées d’une même phrase : Colomba, sans répondre, serra le mezzalo autour de sa tête, appela le chien de garde et sortit suivie de son frère (Mérimée) ;
  2. b) les propositions subordonnées de la principale ; Quand je vis l’Acropole, j’eus la révélation du divin (Renan) ;
  3. c) les différents termes de toute énumération, noms, adjectifs, verbes et adverbes :

Femmes, moines, vieillards, tout était descendu (La Fontaine) ;

  1. d) les mots en apostrophe, les propositions incises, les membres de phrase purement explicatifs :

Tremble, m’a-t-elle dit, fille digne de moi ! (Racine) ;

  1. e) tous les détails d’une même description, d’un même groupe de faits ; toutes les nuances d’une même pensée, additions, restrictions, etc. :

C’était un beau garçon, la tête régulière, le front haut,

barbiche et moustache d’un noir brillant sur ce teint basané,

un de ces fiers paysans de la vallée du Rhône, qui n’ont

rien de l’humilité finaude des villageois du Centre. (Alphonse Daudet) ;

  1. f) un sujet d’un complément quand le verbe est sous-entendu :

Antoine livra ses partisans, et Octave, les siens.

3) Le point-virgule

Il est une ponctuation plus faible que le point, mais plus forte que la virgule. Il sépare des expressions, différentes ou voisines, de la même idée ou des idées connexes :

Un seul genre de vie intéresse au XVIIe siècle,

la vie de salon ; on n’en admet pas d’autres ;

on ne peint que celle-là. (Taine)

4) Les deux-points

Ils servent à annoncer :

  1. a) une citation, un discours :

Le monarque lui dit : « Chétif hôte des bois… » (La Fontaine) ;

  1. b) une explication, une énumération, une preuve, un exemple :

Batailles : Austerlitz, Eylau, Somno-Sierra,

Eckmühl, Essling, Wagram, Smolensk, et cætera !

Faits d’armes : trente-deux, blessures : quelques-unes… (Éd. Rostand)

5) Le point d’interrogation

Il se place à la fin des phrases interrogatives :

Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse. (La Fontaine)

6) Le point d’exclamation

Il se place après les interjections, en général, et à la fin des phrases exclamatives :

Comment ! des animaux qui tremblent devant moi !

Je suis donc un foudre de guerre ! (La Fontaine)

7) Les points de suspension

Ils se placent après le dernier mot exprimé d’une phrase volontairement inachevée :

Je devrais sur l’autel où ta main sacrifie

Te… Mais du prix qu’on m’offre, il me faut contenter. (Racine)

Si je ne me retenais, je vous…

8) Le trait d’union

Il n’est pas, à proprement parler, un signe de ponctuation : c’est la marque d’un rattachement plus intime entre deux ou plusieurs mots. Il s’emploie, en principe :

  1. a) Pour réunir les éléments des noms et des adjectifs composés : Timbre-poste ; porte-monnaie ; gallo-romain ; anglo-saxon ; rez-de-chaussée.
  2. b) Pour joindre deux noms placés en apposition : Radical-socialiste ; wagon-salon.
  3. c) Dans les nombres composés inférieurs à cent : quarante-quatre, quatre-vingt-quatorze.
  4. d) Avec contre et entre joints à un autre mot : contre-attaque ; s’entre-tuer.
  5. e) Avec même précédé d’un pronom : toi-même, nous-mêmes.
  6. f) Avec ci et là: celui-ci ; celle-là ; ces pays-là.
  7. g) Entre les verbes marquant interrogation ou concession et le pronom sujet placé derrière : Viendrez-vous ? Dussé-je y périr ?
  8. h) Avec le t euphonique placé entre le verbe et le pronom sujet inversé : Viendra-t-il ? Parle-t-il ? Dans ce cas, il y a double trait d’union, avant et après le t
  9. i) Avec en et y placés derrière un verbe : Parlons-en ; allez-y.
  10. j) Dans certaines autres locutions, telles que peut-être.
  11. k) À la fin d’une ligne d’écriture ou d’imprimerie, pour marquer que le dernier mot, coupé à cette ligne, est incomplet et sera terminé au début de la ligne suivante.

9) Les parenthèses

Elles consistent en deux signes entre lesquels on place un membre de phrase explicatif (appelé parenthèse) qui se détache nettement du reste du texte.

l0) Les crochets

Ils sont une sorte de parenthèses en lignes droites.

  1. ll) Le tiret

Il s’emploie :

  1. a) Pour séparer les propos de deux interlocuteurs :

Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ! Rien ! – Peu de chose.

— Mais encore ? – Le collier dont je suis attaché

— De ce que vous voyez est peut-être la cause. (La Fontaine)

  1. b) Pour détacher une explication, une remarque, un détail sur lesquels l’auteur veut attirer spécialement l’attention :

Les armes à feu, – prenez-y garde, – ne doivent jamais rester à la portée des enfants.

l2) Les guillemets

Ils sont deux paires de petits crochets qui encadrent une citation ; souvent, on rouvre les guillemets au commencement de chaque ligne de la citation ;

Le renard s’en saisit, et dit : « Mon bon monsieur

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l’écoute

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. » (La Fontaine)


 


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