Pourquoi faire un mémoire ?

By Weuss | Mémoire | No Comments

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Les faits ne sont ni grands ni petits par eux-mêmes.

Claude Bernard

2.1. LE SENS DE CETTE QUESTION

Rares sont celles et ceux qui ont le choix. Pourtant, la question de la signification du mémoire fait l’objet de débats, d’échanges multiples, de critiques, en tout cas de prises de position. On s’interroge sur son opportunité. On émet des opinions sur sa forme, son sens, sa pertinence sociale. Inutile de rappeler que les avis sont divers ; souvent, ils se modifient en cours de réalisation. Dans ces conditions, pourquoi ne pas suggérer une contribution à cette discussion.

2.2. PAR NÉCESSITÉ

Soyons clairs : c’est la nécessité qui, le plus souvent, commande la rédaction d’un mémoire. Les règlements le prévoient ; c’est souvent le dernier obstacle à maîtriser pour obtenir un diplôme. On n’a pas le choix. Observons que cette exigence est très généralisée ; elle a résisté à de nombreux assauts. Tradition ? Habitudes ? Il y a sans doute de meilleures raisons qui expliquent cet état de faits.

2.3. PAR PLAISIR

C’est moins rare qu’on pourrait le croire. Le plaisir est souvent discret au commencement du travail ; il émerge et s’installe lentement en cours de réalisation. Faire un mémoire peut être la source de profondes satisfactions : découvertes intellectuelles, enrichissement personnel, stimulante expérience de collaboration. Sans doute en parle-t-on trop peu ; assouvir une curiosité intellectuelle, c’est aussi une occasion de se réjouir.

2.4. POUR RÉALISER UNE EXPÉRIENCE DE TRAVAIL INTELLECTUEL APPROFONDIE ET AUTONOME

La réalisation d’un mémoire est une activité qui permet d’apprendre plusieurs choses :

— à délimiter un problème ;

— à découvrir et rassembler une documentation à son propos ;

— à ordonner des matériaux ;

— à conduire une réflexion personnelle sur le problème choisi ;

— souvent, à établir des contacts directs avec des personnes, des institutions, des champs d’activités ;

— à analyser l’information et à exercer son esprit critique ;

— à exprimer par écrit, et donc à communiquer les résultats de cette procédure d’étude… et – à « faire avancer la science ».

Dans la mesure où il permet d’apprendre à ordonner ses propres idées et à les formuler d’une manière compréhensible par autrui, le mémoire est incontestablement un lieu d’apprentissage fécond. En outre, et indépendamment du thème traité, ces savoirs et ce savoir-faire maîtrisés sont utiles pour l’activité professionnelle.

2.5. POUR APPORTER UNE CONTRIBUTION À LA CONNAISSANCE D’UN SECTEUR DE LA RÉALITÉ SOCIALE

Ce n’est sans doute pas l’objectif central d’un mémoire. Cependant, on connaît si peu de choses dans le domaine social ! Il y a tant à défricher, à découvrir et à analyser. Le plus souvent, le mémoire peut apporter une contribution significative à la découverte d’un domaine.

Je me souviens d’un groupe de travail qui avait choisi d’aborder les problèmes liés au « petit crédit » (bancaire). La question a été bien analysée, les résultats communiqués avec pertinence et clarté. Aujourd’hui encore, de nombreux praticiens de l’action sociale utilisent la plaquette publiée au terme de ce travail. Une réussite.

2.6. L’INTENSITÉ DE LA VIE ÉMOTIONNELLE LIÉE À LA RÉALISATION D’UN MÉMOIRE

Pourquoi faire un mémoire ? Nous venons de rappeler quelques raisons de conduire une telle entreprise. En fait, chacun se débrouille avec ses raisons d’agir. Cela dit, on constate que l’étape de réalisation du mémoire est marquée par de multiples émotions : on craint cette période ou on l’attend avec impatience, on en parle beaucoup ; souvent, celui qui écrit un mémoire est considéré avec une attention curieuse. Il arrive qu’il soit entouré d’égards. Et il y a les moments d’échec, de blocage, d’hésitation, d’incertitude. Le temps du mémoire : une espèce de parenthèse ? Certains ont souligné le rôle initiatique de cette aventure. Il faut le savoir, et c’est normal, ces émotions sont un donné ; elles se gèrent de multiples manières.

 


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