curriculum_vitae

LES GRANDES REGLES

By Weuss | Cv | No Comments

Si l’on regarde la définition que donne du curriculum vitæ (traduction littérale : « carrière de la vie ») le dictionnaire encyclopédique Larousse, on peut y lire : « Ensemble des indications relatives à l’état civil, à la situation, aux activités passées d’un étudiant, d’un candidat à un poste, à un examen, à un concours ».

Pour exhaustive et précise qu’elle soit, la définition ne me semble pas refléter exactement la dimension et surtout la finalité même de l’exercice.

S’il est entaché d’une certaine formalité, le CV ne doit pas être formel.

Le CV n’est ni une carte d’identité, ni une carte de visite.

In versement, le curriculum vitæ n’est pas non plus le condensé de toute sa carrière. En d’autres termes, ce n’est pas le roman d’une vie.

 

Un peu d’humilité

 

On ne se vend pas à n’importe quel prix ! En essayant par exemple de faire croire que son parcours professionnel n’a été qu’une succession de réussites ininterrompues, de succès croissants, on ne trompe personne. Rarement, en tout cas, les recruteurs !

Le CV hâbleur est voué à l’échec ! Il ne faut, en effet, pas oublier que le meilleur vendeur est celui qui s’intéresse à son acheteur.

Aussi, mieux vaut éviter l’auto contemplation et le narcissisme.

Le rédacteur n’a pas intérêt à se décerner des brevets d’autosatisfaction.

Un CV panégyrique est peu crédible !

L’exercice est difficile, je le concède volontiers. S’auto-photographier n’a jamais été chose simple. Pour réussir le calque de son parcours, dresser un bilan personnel et professionnel convaincant, mieux vaut jouer la carte de l’honnêteté, se montrer tel qu’on est et non pas tel qu’on voudrait être.

 

Jouer la carte de la vérité

 

Le lien qui commence à se nouer entre le candidat et le recruteur au moyen du CV ne sera durable que si le rédacteur a joué la carte de la vérité et non de l’ambiguïté, voire du mensonge. Ainsi, en est-il des incertitudes liées à l’emploi volontaire et systématique de qualificatifs « asexués » (en charge de, responsable de) ou de dissimulation de l’âge du candidat.

Le recruteur risque d’être, pour le moins, surpris ! Il peut logiquement pensé qu’il aura été trompé ! Comme pour un appartement, si l’état des lieux n’est pas exact, ne correspond pas à l’existant, on peut raisonnablement avoir l’impression d’être floué, ce qui n’augure rien de bon…

 

Pas de fausse pudeur ni d’autocensure

 

Le CV s’arrête à la porte de l’intimité. Mais, le recruteur cherchera à cerner les conséquences professionnelles des choix de vie du candidat. Dès lors, on peut comprendre la gêne du candidat.

Comment, par exemple, expliquer qu’il a fait une pause d’un an dans sa carrière pour élever son enfant ? Les préjugés et les interprétations pénalisantes doivent être envisagés au moment de la rédaction du CV.

 

Mieux vaut dans ce cas, ne pas l’écrire et simplement stipuler qu’il y a eu une interruption de la vie professionnelle pendant un an.

Il en est de même pour les interruptions pour cause de longue maladie ou suite à un accident d’automobile par exemple.

Le temps viendra, au moment de l’entretien, où le candidat pourra apporter des précisions et expliquer plus librement ses choix. Rien ne sert d’ici là, de battre sa coulpe !

On le voit, rien ne sert de frauder, ni « d’endosser un autre costume que le sien ».

 

Il faut être et rester soi-même

 

Avec ce principe comme ligne d’action, il est possible de concevoir un CV qui tienne « la route » à condition de respecter un certain nombre de règles de bon sens et quelques petits conseils.

Écrire un CV c’est bien évidemment s’intéresser à soi mais aussi aux autres, aux différents lecteurs et peut-être, futurs interlocuteurs.

Curieusement parlant, le CV doit être un acte d’abnégation et d’humilité qui consiste dans sa préparation à s’oublier un peu.

Il faut d’abord s’intéresser aux autres pour avoir une chance de pouvoir les intéresser par la suite.

 

Rien ne sert de frauder

 

Le CV c’est une clé qui ouvre la serrure du recrutement. On peut certes crocheter ladite serrure mais dans ce cas, il y a effraction !

Avec le risque bien réel de voir l’entrée par effraction être suivie d’une sortie prématurée de l’entreprise.

Il y a mille et une manières de truquer mais à quoi cela sert-il ?

Le mariage peut certes être consommé si le candidat chanceux réussit à passer entre les gouttes et être recruté sur de fausses références. Mais cette union entachée de tromperie dès l’origine se conclut forcément par un divorce. On ne peut pas faire durer une relation initiée sur le mode du mensonge ou l’omission.

Illustration sous forme d’anecdote du danger de s’attribuer des mérites qui ne sont pas les siens. Un candidat affirmait sur son CV être champion du monde universitaire de natation. La discussion a été lancée sur cette question particulière. Saisi d’un doute, j’ai vérifié l’exactitude de ces affirmations : son record personnel aux 100 mètres dos était meilleur que celui du recordman mondial de l’époque… Ce seul élément, manifestement mensonger, qui arrivait en fin d’entretien, m’a poussé à revenir en arrière et à dérouler la pelote pour connaître la vérité sur son parcours.

 

La règle « CV = sincérité » ne doit pas être transgressée

 

Il faut s’y tenir. Être soi-même, c’est le meilleur moyen de faire passer un message crédible sur ses motivations et capacités, et surtout, de convaincre.

La difficulté, la dureté même du marché de l’emploi peut inciter les candidats à un poste à user de tous les moyens en leur possession pour décrocher à tout prix un rendez-vous en espérant faire la différence durant l’entretien. C’est un jeu dangereux. On risque d’être démasqué. Les recruteurs – du moins ceux qui font correctement leur travail – prennent le soin de vérifier l’exactitude des affirmations formulées et des qualités vantées.

 

« Mâcher la besogne du recruteur »

 

« Je crois que la paresse est utile à cause de l’effort qu’elle demande pour la surmonter » constatait Tristan Bernard. Autant prendre en compte cet aspect de la nature humaine, et tout faire pour faciliter la tâche du lecteur. Pour être clair, tout ce que le candidat ne fait pas pour « mâcher la besogne » du recruteur, se retourne bien souvent contre lui !

Aussi, avant toute chose, il faut proscrire le « CV roman fleuve » ! Sachant que le temps moyen consacré à la lecture d’un CV par un recruteur se situe entre 30 secondes et une minute maximum, mieux vaut donc aller à l’essentiel et faire tous les efforts nécessaires pour rendre le message clair et le document attractif. En conséquence, le Curriculum Vitæ doit tenir sur une page pour un débutant, deux pages maximum pour une personne expérimentée.

Autre conseil pratique : pensez à indiquer non seulement votre date de naissance, mais aussi votre âge. Deux avantages à cela : vous dispenserez le lecteur du calcul (ayant toujours en tête la paresse supposée du recruteur) et vous apporterez aussi la preuve que vous avez pris soin d’actualiser votre CV.

 

Jamais de négation dans un CV !

 

Tous les incidents de parcours d’une carrière professionnelle ou de la vie personnelle peuvent être présentés de façon positive.

Sans travestir ou cacher la réalité, on n’est en effet pas obligé de noircir le tableau.

Ainsi, un candidat n’est pas obligé de donner, par exemple, toutes les raisons qui l’ont conduit à quitter une entreprise. Pour résumer, et en reprenant une analogie qui rappelle le catéchisme : pécher par omission constitue une faute, mais ne pas insister sur tel ou tel point, n’est pas considéré comme un acte coupable.

Mais attention, il ne faut pas dissimuler les informations essentielles

– comme par exemple une longue période de chômage – car la vérité vous rattrapera toujours. Tout l’art du CV est de présenter au mieux les choses !

Ainsi pour une période de chômage de courte durée :

Au lieu d’indiquer :

1996 jusqu’en 2000 : tel poste.

2000-2001 : chômage.

2001 jusqu’à ce jour : tel poste.

 

Plutôt présenter la réalité comme suit :

1996 jusqu’en 2000 : tel poste.

2001 jusqu’à ce jour : tel poste.

Annoncer dans la première formulation, très clairement (trop clairement) la période d’inactivité en se disant que c’est malheureusement une expérience répandue, c’est faire fi des préjugés et des possibles a priori des recruteurs.


Leave a Comment