Copenhague-Table-01

Le plan

By Weuss | Mémoire | No Comments

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Lorsque j’observais que, parmi les personnes de même capacité, certaines étaient très pauvres, tandis que d’autres étaient très riches, je fus étonné et il me sembla que le fait méritait investigation. Or, il m’apparut que cela était arrivé tout naturellement. Celui qui avait agi sans suivre de plan en avait souffert ; mais celui qui s’était servi de son intelligence pour construire un plan avait travaillé plus vite et plus facilement, et d’une façon plus profitable.

Xénophon

15.1. PLAN ET PLANS

La planification du travail est d’une utilité permanente, elle accompagne toutes les phases de l’élaboration du mémoire. Elle se matérialise par la construction de plusieurs instruments de travail qui constituent des guides pour votre activité, qui vous permettent d’ordonner les informations recueillies et qui sont en quelque sorte les garants de l’unité de votre mémoire comme de la place respective affectée aux différents éléments qui le constituent.

Le plan n’est pas un élément rigide, il est appelé à être révisé, modifié, transformé. Je crois donc utile de distinguer trois types de plans (ou trois moments de l’évolution du plan du mémoire) : le plan indicatif, le plan opérationnel détaillé et le plan de rédaction. Je vous les présente brièvement.

15.2. LE PLAN INDICATIF

C’est celui que l’on construit dès le début du travail, après avoir défini l’objet d’étude ; il découle d’ailleurs directement de cette définition ; en fait, il matérialise et visualise les principales dimensions du mémoire. Par définition, il est indicatif, donc relativement bref. Il est appelé à être complété, transformé et affiné. Il permet de présenter une première image du travail à accomplir et il constitue l’une des bases des entretiens que vous aurez avec vos conseillers ; en outre, il vous permettra d’organiser la recherche bibliographique et de planifier les étapes de la réalisation de votre travail (voir chapitre 6).

15.3. LE PLAN OPÉRATIONNEL DÉTAILLÉ

Au terme des premières phases de votre étude, le plan indicatif est commenté et développé ; il est enrichi par les éléments que vous aurez découverts dans vos lectures. Votre perception des différentes dimensions du mémoire est plus fine. Vous pouvez rédiger le plan opérationnel détaillé. Celui-ci est fabriqué de la manière la plus explicite possible, avec des phrases complètes, il contient également la définition des tâches qu’il vous appartient de réaliser pour élaborer chaque chapitre, voire chaque paragraphe. Dans ce sens, il est d’abord un moyen de planifier le travail et de contrôler son avancement. Je précise qu’il peut comporter des « zones d’ombre » correspondant à des problèmes non résolus.

15.4. LE PLAN DE RÉDACTION

Lorsque le travail est bien avancé, quand les documents ont été rassemblés, vient le temps de la rédaction. Il importe d’abord de relire attentivement l’ensemble des dossiers que vous allez constituer (le ou les classeurs) et de produire le plan de rédaction. Celui-ci établit la forme définitive du mémoire ; il est prioritairement orienté vers l’exposition de la démarche réalisée et des résultats obtenus.

Relevons deux de ses caractéristiques : il est explicite, il est détaillé (le plus proche possible de ce qui sera effectivement écrit). Pour ma part, je m’efforce d’atteindre ces deux objectifs par trois moyens :

— dans la mesure du possible, je tente de planifier chaque paragraphe (avec un sous-titre qui pourra « tomber » dans le texte final) ;

— je formule tous les titres de manière très explicite afin de savoir exactement ce qu’il conviendra de rédiger ;

— j’attribue à chaque chapitre, voire à chaque section de chapitre, un nombre de pages. Et je fais l’addition. On tient la plume de manière tout à fait différente lorsqu’il faut rédiger dix lignes ou dix pages. D’ailleurs, ce n’est qu’un engagement provisoire, il est toujours possible de rectifier en cas de nécessité ou de découverte importante.

15.5. AU SERVICE DE L’UNITÉ DU MÉMOIRE

Tout le monde sait que les plans ne fonctionnent jamais parfaitement et qu’il ne faut pas s’y enfermer. Alors, n’insistons pas. Cependant, la planification permet d’augmenter vos chances :

— de travailler avec plus de sécurité,

— d’éviter des détours inutiles,

— de ne pas perdre de vue l’unité du mémoire,

— de mieux communiquer avec vos collègues ou conseillers.

Tout cela est particulièrement important pour ceux qui ne peuvent pas travailler de manière continue. Hier, un étudiant m’apportait un paquet de feuilles en me disant : « Voici les deux premiers chapitres, je n’ai pas fait de plan, mais j’ai tout dans la tête ». Ce Monsieur a beaucoup de chance.

 


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