Copenhague-Table-01

Le-la directeur-trice du mémoire

By Weuss | Mémoire | No Comments

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Tout le monde veut enseigner à bien faire

et personne ne veut l’apprendre.

J.-J. Rousseau

12.1. ENJEUX

Le mémoire étant un acte d’apprentissage, il est très souhaitable d’être aidé dans ce travail par une personne qui est en mesure de mettre à disposition ses compétences et son expérience. En fait, la plupart des institutions de formation le prévoient et désignent des directeurs de mémoires. Pratiquement, cet encadrement peut revêtir des formes très différentes selon les institutions.

— Dans certains cas, le directeur du mémoire est nécessairement le professeur qui enseigne la discipline à laquelle se rattache le sujet choisi. C’est également ce professeur qui est appelé à juger le mémoire.

— Dans d’autres situations, l’étudiant dispose d’une grande autonomie dans le choix du directeur de mémoire et celui-ci n’est que l’un des membres d’un jury appelé à évaluer son travail.

— Et il existe de multiples situations intermédiaires.

En outre, certaines institutions offrent aux directeurs de mémoires un budget-temps très limité. Dans d’autres cas, la situation est plus confortable. À cela s’ajoutent toutes les caractéristiques individuelles. Dans tous les cas, le choix du directeur de mémoire est un acte important ; une part notable de la réussite peut en dépendre. En cas d’échec, c’est presque toujours l’étudiant qui « ramasse les pots cassés ».

12.2. QUE PEUT-ON ATTENDRE D’UN DIRECTEUR DE MÉMOIRE ?

Bien sûr, vous attendez d’un directeur de mémoire qu’il vous aide avec compétence, sympathie, patience, efficacité, dans un rapport le plus clair et le plus cordial possible. Difficile de commenter ici tous ces éléments ! En revanche, je vous propose une liste d’activités et de prestations qui sont souvent offertes par des directeurs de mémoires.

— Le directeur de mémoire peut vous apporter des informations et des éclaircissements dans le cadre du choix de l’objet du mémoire. Le cas échéant, il peut vous suggérer un champ d’étude particulièrement intéressant.

— Il peut participer à l’application du test qui vous permet de mesurer la pertinence du sujet envisagé (voir le chapitre 4).

— Il peut vous aider à établir l’état de la question et vous fournir les bibliographies de base.

— Il peut vous mettre en contact avec des personnes-ressources susceptibles d’être des informateurs précieux dans le domaine que vous avez retenu.

— Il peut vous donner des indications théoriques et méthodologiques.

— Il peut vous faciliter l’accès à des sources ou à des institutions, par intervention directe ou par lettre de recommandation.

— Il peut vous fournir des conseils systématiques sur l’évolution de la problématique que vous construisez.

— Il peut vous conseiller sur la manière de réaliser « pratiquement » le mémoire. Ce petit livre est loin de suffire, vous vous en doutez, il convient d’affiner et d’adapter ces considérations générales à la spécificité de l’œuvre que vous réalisez.

— Il peut établir avec vous les bilans intermédiaires et vous conseiller dans la planification des diverses étapes de votre étude.

— Il peut relire et critiquer les premiers textes que vous produisez en veillant à l’unité du mémoire.

— Il peut vous aider à résoudre des difficultés imprévues ou à interpréter des découvertes, surtout lorsqu’elles annoncent des réorganisations importantes.

— Il peut vérifier le manuscrit.

— Il peut donner des conseils pour la diffusion du mémoire.

Vous observez que j’ai largement utilisé l’expression « il peut » ; peut-être eût-il été préférable d’écrire « il doit ». Cette liste de tâches correspond à une activité considérable qui exige une disponibilité importante. Souvent, quelles que soient leurs compétences ou leur bonne volonté, les directeurs ne bénéficient pas des disponibilités nécessaires pour faire face à toutes ces tâches. Dans ces conditions, une clarification des conditions de collaboration et une planification de ces modalités sont absolument indispensables.

12.3. FORMES DE COLLABORATION

Quelques brèves remarques, au fil des souvenirs.

La collaboration doit porter à la fois sur le contenu (sur la problématique) et sur la manière de faire (méthodologie, techniques). Ces deux dimensions sont nécessaires. Attention aux nuages de bons conseils et aux encouragements rapides ; vous ne réalisez pas simplement une approche d’un problème, vous rédigez un mémoire, c’est une autre histoire.

Nous parlions plus haut de votre motivation pour l’étude de l’objet que vous choisissez. Les motivations du directeur ne sont pas moins importantes.

Puisque certains le murmurent, évoquons le cas des « directeurs qui exploitent leurs étudiants », ou qui les pillent pour leurs propres travaux et recherches. Il existe quelques cas regrettables, peu nombreux sans doute, à ne pas confondre avec les multiples et heureuses collaborations qui permettent de réaliser des travaux intéressants et de qualité. Dans les sciences sociales, les champs à observer sont si vastes et les domaines en friche si nombreux, qu’il y a place pour de multiples et stimulantes formes de coopération, y compris entre étudiants et directeurs de travail. Cela dit, donnez-vous les moyens de garantir votre liberté, votre autonomie et de garder la maîtrise du travail que vous produisez. Cela ne doit pas être un sujet tabou.

l2.4. LA NÉCESSITÉ D’UN CONTRAT EXPLICITE

Ne vous contentez pas de vagues promesses. Bien sûr, dans toutes les formes de collaboration, il existe une part importante d’aléatoire. Pourtant, une sorte de contrat devrait lier les partenaires ; celui-ci pourrait porter sur tous les points évoqués au chapitre 14.2. Au minimum, il devrait être explicite sur les questions suivantes : le budget-temps, la fréquence des rencontres, les domaines sur lesquels porte la collaboration et les problèmes pour lesquels le recours à d’autres ressources s’impose.

Une observation : des amitiés solides sont nées de ces collaborations.

 


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