Combien de temps ?

By Weuss | Mémoire | No Comments

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Ceux qui emploient mal leur temps

sont les premiers à se plaindre de sa brièveté.

La Bruyère

9.1. LE TEMPS EST RAREMENT INDÉTERMINÉ

Certaines institutions définissent un budget-temps consacré à la réalisation du mémoire. D’autres sont beaucoup plus vagues. Quelques mémoires sont déposés plusieurs années après la fin des études. Mais les délais conseillés ou « exigés » sont de plus en plus impératifs (dans ce domaine, les autorisations de prolongation se raréfient

J’ai souvent observé que, lorsque la réalisation du mémoire s’étale sur une très longue durée, les conditions et la manière de le réaliser se transforment. Les difficultés augmentent. À mon avis, un mémoire devrait être achevé dans un délai de six mois à deux ans ; en y consacrant une partie plus ou moins grande de son budget-temps. Une durée minimale est nécessaire pour établir les contacts indispensables et pour repérer et traiter les sources. Dès que le retard s’accumule, il peut être opportun de se poser quelques questions.

— Le sujet choisi est-il praticable ?

— La manière de travailler est-elle convenable ?…

9.2. LA PLANIFICATION : UNE ACTIVITÉ NÉCESSAIRE ET PERMANENTE

La gestion de la durée du mémoire implique donc une planification (voir le chapitre 6). Celle-ci permet de maîtriser le rapport entre les tâches à réaliser et les délais impartis. Elle est permanente puisque l’inconnu est présent à toutes les étapes du mémoire et que de fréquents réaménagements peuvent s’avérer nécessaires. En d’autres termes, il peut arriver que l’on doive effectuer plusieurs modifications ou adaptations du programme de travail.

9.3. ON PEUT GAGNER DU TEMPS

Une méthode de travail précise et explicite permet sans doute de gagner du temps. Il en va de même de l’anticipation des tâches. Il faut parfois un délai de trois semaines pour obtenir un rendez-vous ; le prévoir, c’est éviter un blocage ou une impasse. Et puis, le temps n’est pas homogène, pas plus que les tâches à exécuter pour réaliser le mémoire. La migraine, ça existe, la fatigue également. Aussi, faut-t-il savoir diversifier les tâches en fonction de leur complexité. Après une longue matinée d’écriture, il peut être opportun de passer à des activités plus simples (paginer un texte, feuilleter le classeur pour rafraîchir sa vision d’ensemble du mémoire, etc.). On ne suspend pas le temps, mais il est possible de l’aménager.

9.4. ÉCHECS, RÉVISIONS, SURPRISES

Une bonne planification n’évacue pas les possibilités d’échecs ou de surprises. L’objet étudié, précisément parce qu’il n’est pas connu, est souvent riche d’inattendus (positifs ou négatifs). Exemples : Pierre Durand fait un mémoire sur l’organisation de l’activité des psychiatres en Suisse; il découvre qu’un mémoire a été publié sur les conditions de pratique privée de la psychiatrie et que ce secteur est plus riche que prévu. Bonne surprise, mais il faut trouver deux jours pour lire ce document et deux entretiens complémentaires s’avèrent nécessaires. François Favre entreprend une étude comparée de deux modèles de prises en charge des toxicomanes. Une institution promet sa collaboration. Mais lorsque les enjeux se précisent, elle retire son concours. Il faut entamer de nouvelles démarches…

D’une certaine manière, toute planification doit intégrer un certain nombre de ces éventualités. Des surprises et des échecs doivent être considérés comme normaux. Ils sont significatifs de l’état du problème étudié. À cet égard, ils peuvent être analysés et devenir source de connaissances. Ce n’est donc pas toujours un drame.

9.5. L’INÉVITABLE « COUP DE COLLIER FINAL »

Lorsque le travail touche à sa fin, il s’en est passé des choses. Une imposante quantité d’informations a été accumulée. Des problèmes majeurs ou mineurs ont été résolus. La mise au point du manuscrit s’impose. À ce stade, « il faut avoir beaucoup de choses dans la tête » ; c’est la raison pour laquelle, rares sont ceux qui échappent à cette brève période d’intense travail pendant laquelle le mémoire devient une pieuvre envahissant tout le quotidien. Il faut le savoir et le prendre comme tel. Au fond, ça n’est pas si désagréable.

9.6. MIEUX VAUT AGIR QUE DISCOURIR SUR LE TEMPS QUI PASSE

Sans commentaire.

 


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