Copenhague-Table-01

Combien de pages ?

By Weuss | Mémoire | No Comments

8

Oh ! Qu’une page pleine dans les livres est rare

et que peu de gens sont capables

d’en écrire dix sans sottises !

P.L. Courier

8.1. UNE QUESTION LANCINANTE

Parlons-en puisque c’est une question qui revient si souvent. La plupart des règlements d’institutions de formation abordent le problème de manière plus ou moins explicite. Parfois, ils fixent une fourchette (de 50 à l00 pages) ; parfois ils définissent un nombre minimum (au moins 40 pages), il arrive qu’ils soient encore moins précis et évoquent un « document d’une certaine ampleur ». Le plus souvent, on perçoit un embarras dans ces définitions ; en fait, c’est la coutume qui prend le relais. Les étudiants se réfèrent aux images des mémoires présentés par leurs aînés. À mon avis, la question se trouve ailleurs.

8.2. POUR L’ESSENTIEL, C’EST L’OBJET QUI DÉFINIT L’AMPLEUR DU MÉMOIRE

Si l’on admet que l’objet d’étude choisi doit être présenté et analysé de manière convenable, c’est évidemment dans la définition précise de cet objet que se détermine le nombre de pages nécessaires pour le traiter. Prenons un exemple simple ; si le sujet est formulé en ces termes : « L’informatisation des bibliothèques universitaires suisses », le traitement implique évidemment plus de pages que s’il est formulé en ces termes : « L’informatisation de la bibliothèque de l’Ecole d’études sociales et pédagogiques de Lausanne ». Cela, à traitement égal. C’est dans la définition de l’objet que les engagements se prennent et c’est à ce niveau que le nombre de pages est envisageable. Dès que vous avez rédigé le plan indicatif, je vous suggère d’indiquer à titre provisoire le nombre de pages que vous estimez devoir accorder au traitement de chacune des dimensions de votre travail. C’est évidemment une indication très provisoire, sujette à révisions ; elle peut se révéler utile.

8.3. LES FORMES DU « REMPLISSAGE »

Il est relativement rare qu’un mémoire soit trop « mince » ; il arrive le plus souvent qu’il soit « pauvre », malgré son épaisseur substantielle. Un mémoire de dimension réduite est généralement bien accueilli lorsque son contenu est copieux. Sont en revanche plus problématiques les mémoires qui camouflent leur médiocrité derrière de multiples remplissages. Qu’est-ce à dire ? Puisons dans nos souvenirs. Certains gonflent inutilement les annexes. Par qui seront-elles consultées ? D’autres chargent leur texte de documents divers dont on voit mal le lien avec le discours exposé. Plus précisément, il m’arrive de lire des chapitres bourrés de citations qui, sans doute, se renforcent, mais qui donnent rapidement une impression de redite. N’avez-vous jamais lu ces textes farcis d’extraits d’interviews qui ne sont jamais analysés, posés là on ne sait pourquoi ? À titre d’illustration peut-être ? On peut aussi multiplier les tableaux statistiques qui n’apportent aucune information significative. On peut doubler les extraits d’interviews ou ces tableaux statistiques d’un texte original qui se borne à exprimer en d’autres termes ce qui est déjà explicitement lisible dans ces documents. On peut enfin assommer le texte de considérations périphériques qui n’apportent rien au traitement du sujet, mais qui réussissent assurément à désorienter le lecteur. On peut…

Gardons-nous cependant de considérer comme du remplissage des documents, même longs, dont la richesse est évidente ou qui représentent une découverte à laquelle vos lecteurs seront sensibles.

 


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