Comment choisir un sujet de mémoire ?

By Weuss | Mémoire | No Comments

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Dans l’ordre intellectuel,

le contenu de la liberté c’est la vérité,

c’est elle qui nous rend libres.

  1. Kierkegaard

3.1. LES LIMITES DE L’ÉLABORATION DE CRITÈRES DE CHOIX

Ils sont très nombreux les éléments qui entrent en jeu dans le choix d’un sujet de mémoire. Impossible d’en faire un inventaire exhaustif. Ce chapitre ressemblera plutôt à une liste de précautions à prendre lorsque l’on entreprend de choisir un sujet. En fait, ces choix se font par intérêt, par rencontre, par opportunité, par solidarité ou pour tant d’autres raisons encore. Retenons quelques indications qui sont de nature à éviter des obstacles, des difficultés, voire des échecs.

3.2. LES NORMES ET LES RESSOURCES DE L’INSTITUTION DANS LE CADRE DE LAQUELLE S’ÉLABORE LE MÉMOIRE

Nous le savons, le plus souvent, le mémoire est une exigence d’une institution de formation. Dans ces conditions, celle-ci édicte des normes et élabore des règlements. Elle met aussi des ressources à disposition. Tout cela définit déjà des limites : les normes ne permettent pas de faire n’importe quoi, les ressources institutionnelles (encadrement pédagogique, documentation, etc.) déterminent des champs thématiques plus accessibles que d’autres.

Il convient de bien prendre connaissance de ces deux dimensions. C’est un travail. Pratiquement, êtes-vous en mesure de répondre de manière détaillée aux deux questions suivantes :

  1. a) Quelles sont les règles qui, dans mon institution, définissent la réalisation d’un mémoire ?
  2. b) Dans quels domaines mon institution offre-t-elle des ressources à la fois accessibles et de bonne qualité ?

Y répondre, c’est peut-être éviter de mauvaises surprises.

3.3. ON EST RAREMENT LE PREMIER À ABORDER UN SUJET

Bien sûr, rien n’a été écrit sur le thème : L’animation du Home Mon chez nous. Pourtant, les études concernant les institutions pour personnes âgées sont nombreuses et très diversifiées. Choisir un sujet de mémoire, c’est aussi choisir un champ de recherche dans lequel il faudra séjourner longtemps. C’est s’approcher de travaux et d’analyses avec lesquels il faudra se familiariser. Inutile donc de se crisper sur le thème spécifique qui vous intéresse ; il faut d’emblée prendre en considération le domaine d’étude auquel il appartient.

3.4. IL FAUT SE DONNER LE TEMPS ET LES MOYENS DE CHOISIR

C’est la conséquence de ce que je faisais remarquer au paragraphe précédent. Trop de personnes se précipitent sur un thème sans véritablement entrer en matière sur la réalité de la problématique qu’elles choisissent de traiter. Un tel choix implique du temps. Non pas tant pour « mûrir », mais pour accomplir les actes qui le permettent. Dans ce sens, choisir c’est se documenter, c’est prendre des contacts, c’est réaliser un bilan intermédiaire, c’est entreprendre des démarches multiples et diverses.

Si vous avez des délais pour présenter votre projet, attention, il faudra vous ménager le temps du choix.

3.5. LE PIÈGE DES SUJETS « PANORAMIQUES »

Lorsque vous commencez à définir votre projet de mémoire, vous pouvez être attiré par de multiples thèmes. Souvent, ceux-ci se rattachent à des horizons très différents. En outre, puisque vous ne connaissez guère le domaine d’étude que vous abordez et, bien sûr, les travaux déjà réalisés sur ce sujet, vous pouvez être tenté de choisir un sujet panoramique (ex : «La sécurité sociale en Suisse» ou «la pauvreté en Europe».

Il se trouve aussi que le sujet qui vous vient à l’esprit vous apparaît très « excitant ». Vous pouvez légitimement avoir de vastes appétits. Prenez garde, on ne constate peut-être pas tout de suite que le sujet envisagé est panoramique. C’est donc un réel travail que de donner à son projet de mémoire une dimension raisonnablement accessible.

3.6. LE MÉMOIRE « ENGAGÉ »

Certains estiment que leur sujet doit être « engagé ». Plus précisément, leur mémoire doit être choisi selon des critères qui relèvent de l’action politique ou de l’engagement dans le champ social. Souvent, hélas, ils opposent cette préoccupation à la mise en œuvre d’une démarche scientifiquement maîtrisée. Il y aurait opposition entre « scientificité » et « engagement ».

C’est une illusion (voir chapitre 5). On peut estimer qu’il y a autant de pertinence politique et de promesses de changements dans un mémoire sur « le droit de recours dans la mise en œuvre du Revenu minimum de réinsertion (RMR)» que dans un mémoire intitulé Les alternatives au travail social

3.7. LE MÉMOIRE PRATIQUE

Beaucoup manifestent un grand souci d’être proches de la pratique, de « traiter un sujet pratique », de ne pas « se perdre dans la théorie ». Ils en font un élément du choix de leur sujet. Précisons d’emblée qu’il s’agit encore d’une illusion. Toute pratique est informée par une théorie, que celle-ci soit consciente ou non. Au nom de considérations relevant de la pratique, il ne devrait pas se trouver de raisons d’éliminer les connaissances théoriques. En clair : il n’y a pas de sujets « pratiques ».

3.8. QUATRE RÈGLES INDICATIVES

Proposons maintenant quatre règles élémentaires permettant de choisir un sujet ; celles-ci sont aussi la base sur laquelle sera construit le test de praticabilité que je présenterai au chapitre suivant.

  1. a) Le sujet doit intéresser l’auteur. Attention aux choix qui ne tiennent pas compte de vos goûts, de vos lectures, de vos…
  2. b) Les sources doivent être accessibles; c’est-à-dire matériellement à votre portée. (Pensez, en particulier, au temps disponible et à l’encadrement qui est mis à votre disposition).
  3. c) Les sources doivent être traitables. Vous devez pouvoir disposer des ressources culturelles et intellectuelles permettant un traitement convenable des matériaux indispensables à votre étude.
  4. d) Vous devez être en mesure de maîtriser la méthodologie que vous retenez.

Tout cela peut apparaître banal ; j’estime néanmoins que ces éléments constituent la base de la réflexion en vue d’un choix pertinent.

 


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