Copenhague-Table-01

À qui s’adresse le mémoire ?

By Weuss | Mémoire | No Comments

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Un auteur à genoux,

dans une humble préface,

au lecteur qu’il ennuie

a beau demander grâce,

il ne gagnera rien sur ce juge irrité.

Boileau

Rares sont ceux qui ne souhaitent pas être lus par quelqu’un, par quelques-uns, par beaucoup. Quelquefois modeste au début, cet appétit légitime va croissant avec les découvertes que permet la réalisation d’un mémoire. Autrement dit, nous avons presque toujours un public dans nos têtes.

16.1. LA DÉFINITION DES LECTEURS-CIBLE

À qui vous adressez-vous lorsque vous écrivez votre mémoire ?

À votre directeur ? Au jury ? À vos collègues ? À votre milieu professionnel ? À… ? La question n’est pas triviale. Les réponses que vous lui donnez ont une importance non négligeable pour le choix du mode d’expression et pour la rédaction de votre texte. Essayons de cerner quelques indications qui permettent de répondre à cette question, sachant bien que, sur ces sujets, les opinions peuvent diverger.

  1. a) D’une manière générale, adressez-vous à vos collègues et à l’ensemble de votre milieu professionnel (actuel ou futur), ainsi qu’à des personnes qui appartiennent aux disciplines voisines.
  2. b) Évitez de construire votre mémoire uniquement en fonction de votre directeur de travail ou du jury qui devra l’apprécier.
  3. c) Si vous visez un public plus large, notez que le mémoire de 50 à 200 pages n’est certainement pas la forme de communication adéquate. Il faudra sans doute envisager un article ou une plaquette.
  4. d) Lorsque vous réalisez une recherche-action (voir chapitre 5), le choix du mode de communication est extrêmement important. Il est constitutif du sens même de la recherche.

En tout état de cause, tous ces choix doivent précéder la rédaction du mémoire.

16.2. LES CONSÉQUENCES SUR LA FORME ET LES MODALITÉS D’EXPRESSION

Votre définition des lecteurs-cibles a des conséquences sur votre manière d’exposer vos informations et vos raisonnements. Ainsi, vous ne devez pas supposer que vos lecteurs en savent plus ou autant que vous sur l’objet que vous traitez. Cela implique qu’ils ont droit à un certain nombre d’informations générales sur le contexte de votre étude, à des éclaircissements sur vos sources et que, dans toute la mesure du possible, vous devez leur épargner un langage trop codifié.

Bien sûr, il n’est pas nécessaire de définir tous les termes utilisés. En revanche, il est important de le faire pour les termes techniques qui ont un rôle clé dans votre exposé et votre raisonnement.

Lorsque vous parvenez à la phase de rédaction, vous connaissez une masse d’informations et vous avez procédé à de multiples analyses. Vos lecteurs n’ont pas fait la même démarche ; vous devez leur fournir tous les éléments qui leur permettent de suivre votre exposé.

Écrire un mémoire, c’est communiquer.

 


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