Copenhague-Table-01

À quoi servent les livres ?

By Weuss | Mémoire | No Comments

13

On ne doit pas être tout à fait ignorant

de ce qui est contenu dans les livres.

Descartes

13.1. QU’EST-CE QUE « L’ÉTAT DE LA QUESTION » ?

À la base des livres, il y a le plus souvent des livres. Il en va de même en ce qui concerne les mémoires. Je le disais au chapitre 3, on est rarement le premier à aborder une question ou, plus précisément, le champ thématique que l’on entreprend d’analyser est déjà balisé par des études voisines ou « cousines », ou bien il se réfère à des thèmes fondamentaux sur lesquels des bibliothèques entières ont été écrites. Dans ces conditions, celui qui entreprend la réalisation d’un mémoire doit faire « l’état de la question ». Qu’est-ce à dire ? Il s’engage dans une démarche à deux dimensions. D’une part, il doit prendre connaissance des travaux qui ont été réalisés sur le thème spécifique qui fait l’objet de son mémoire. D’autre part, il doit s’efforcer de mettre la main sur des ouvrages de synthèse qui font le point sur les grandes questions qui encadrent la problématique retenue. Par exemple, on peut analyser la profession de psychiatre et indiquer des perspectives pour son développement. Il faudra constituer une bibliographie concernant la profession de psychiatre. Cependant, il n’est guère possible de réaliser un tel mémoire sans établir des dossiers sur la politique de la santé, l’évolution des professions sociales et sanitaires, les compétences des pouvoirs publics…etc. Accomplir toutes ces démarches, c’est faire « l’état de la question ». Mais à quoi peuvent encore servir les livres ?

13.2. POUR S’APPROPRIER LES INSTRUMENTS THÉORIQUES ET MÉTHODOLOGIQUES

Prenons un exemple. Il est de bon ton d’appliquer la théorie des systèmes pour étudier les problèmes sociaux. Or, celle-ci peut être utilisée pour l’analyse des questions les plus diverses (de la famille monoparentale aux scénarios de la vieillesse). Le recours aux livres permet de conquérir ces instruments. De même, lorsque l’on entreprend d’appliquer un questionnaire, de le dépouiller, d’élaborer des tableaux, bref, de réaliser une étude empirique, il est utile, voire essentiel, de prendre connaissance de quelques ouvrages qui procèdent de la même manière et dont les auteurs ont été confrontés aux mêmes difficultés.

13.3 POUR CONNAÎTRE DES ÉTUDES RÉALISÉES SUR DES SUJETS VOISINS

La recherche d’originalité est souvent à la base du choix du sujet de mémoire. C’est spécialement le cas chez ceux qui sont engagés dans une activité professionnelle ou qui ont des objectifs socio-politiques. Il arrive qu’ils ne trouvent pas d’ouvrages ou d’articles qui traitent de la question qu’ils ont choisie. Pourtant, il existe certainement des travaux que nous pourrions appeler « voisins ». Quand nous avons étudié la profession d’ergothérapeute[1] nous avons découvert une étude sur les laborants, une étude sur les notaires, etc. En quelque sorte, les livres nous ont permis d’avoir accès à des travaux et des auteurs qui se posaient des questions voisines des nôtres.

13.4.POUR CONSTRUIRE UNE DOCUMENTATION SUR LES DIVERSES DIMENSIONS DU MÉMOIRE

Nous le savons, un sujet de mémoire renvoie à des thèmes centraux immédiatement perceptibles. Mais, il existe aussi un ensemble de thèmes annexes ou connexes qui concourent à la compréhension de la question posée. Pour les maîtriser, vous ne disposez que d’un temps réduit. Des livres et des articles permettent de constituer ces indispensables dossiers et, ainsi, de définir plus complètement les contours de votre objet d’étude. Vous ne pouvez pas tout traiter. Utilisez le patrimoine transmis par d’autres.

13.5. POUR DÉFINIR UN MODÈLE

Si ce mémoire est votre premier ouvrage d’envergure, il peut être opportun que vous cherchiez un ou des modèles. Un mémoire particulièrement bien construit et dont la forme est correcte. Un ou deux livres dont la structure ressemble à ce que vous souhaiteriez réaliser. Il ne s’agit évidemment pas de faire de l’imitation systématique ; on peut avoir plusieurs modèles. J’ai cependant observé combien est utile la lecture attentive et spéciale de ces références. Pour les découvrir, faites-vous conseiller par votre directeur de travail ou des amis.

Bien sûr, les livres servent à beaucoup de choses encore.

 

[1]M. Dubochet, J.-P. Fragnière, Les Ergothérapeutes, Delta, Vevey, 1979.


Leave a Comment