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4 arguments pour demander une formation à son patron

By Weuss | Actu | No Comments

Il se peut que votre employeur vous propose une formation de lui-même, mais pas forcément. Pour le convaincre de vous en accorder une, voici des arguments qui font mouche.

1 Parce que j’ai des choses à apprendre

Qui pourrait prétendre le contraire ? Depuis la formation initiale d’un collaborateur, il n’est pas rare qu’un marché évolue ou que de nouveaux logiciels ou règlementations apparaissent. Si beaucoup de choses peuvent s’apprendre sur le terrain, il est parfois plus sain, pour le salarié comme pour l’employeur, de faire une petite pause et de remettre certaines choses à plat. « Dans une société du numérique comme la nôtre où les évolutions technologiques évoluent encore plus vite que dans d’autres secteurs, la formation initiale devient vite insuffisante », confirme France Desnouveaux, responsable du développement RH et de la formation dans le groupe GFI Informatique. Ce groupe, qui comme beaucoup contribue à la formation au-delà de son obligation légale, n’y voit pas d’objection. « Si les collaborateurs sont demandeurs de nouvelles compétences, on leur donne le temps nécessaire pour pouvoir les obtenir. » Un employeur devrait y voir son intérêt. Surtout si le salarié souligne le possible manque à gagner de l’entreprise.

2 Parce que cela va vous rapporter

Mieux encore : pour Vincent Raymond, il ne faut pas hésiter à présenter sa démarche comme un investissement. « Je constate d’ailleurs que mon cabinet de formation traite de plus en plus avec des directions opérationnelles comme des responsables achats ou e-commerce plutôt qu’avec des responsables formation », observe le président de First Group, très impliqué dans la Fédération de la formation professionnelle. Autrement dit : ne pas hésiter à présenter sa demande de formation en termes de ROI, c’est-à-dire de retour sur investissement. « Les grands comptes continuent d’investir car c’est rentable et on s’éloigne de plus en plus de l’idée d’un budget strictement légal. » L’argument, toutefois, peut aussi être porteur dans une TPE ou une PME et peut même se monnayer à la place d’une prime ou d’une augmentation. Pour Vincent Raymond, l’argument vaut d’ailleurs pour les deux parties. « À terme, le collaborateur envisagera la formation comme un investissement qu’une entreprise fait sur lui, mais aussi un avantage dont il pourra profiter pour son employabilité future. »

3 Parce que je veux évoluer

Mais le cas le plus classique reste sans doute une mobilité dans l’entreprise, généralement verticale, qu’il faut accompagner. Chez Labeyrie par exemple, 80 % des cadres dirigeants et 100 % des chefs des ventes régionaux sont issus de la mobilité interne. Une bonne raison de parfaire son savoir-faire managérial et son leadership. « Il faut préparer les managers à être meilleur, à gérer des équipes plus large, à devenir cadre dirigeant, voire à diriger une des entités du groupe, reconnaît Jacques Trottier, le directeur général du groupe. À la fin, tout le monde est gagnant. » Cependant, certains collaborateurs peuvent aspirer à des mobilités plus transversales. « D’autres peuvent avoir un projet professionnel qui peut être de basculer sur un autre fonction, un autre domaine d’activité ou juste d’élargir son périmètre de compétences », reconnaît ce dirigeant. Lui dit l’accepter volontiers au nom du bien-être au travail, pour entretenir la motivation de ses salariés mais aussi leur employabilité et sa propre marque employeur : autant d’arguments qui se tentent…

4 Parce que vous allez me virer (ou je vais partir)

« Aujourd’hui, on ne se projette plus à dix ou quinze ans dans la même activité », résume Jacques Trottier. Et, à l’inverse, l’entreprise aussi devra parfois se séparer de certains collaborateurs. « On peut aussi demander des formations en recherche d’emploi », commente Yves Maire du Poset, fondateur du cabinet Piloter ma carrière. Habitué à gérer des outplacement, ce consultant en ressources humaines reçoit depuis quelques mois des demandes inédites. « J’ai de plus en plus de demandes de formation… en entretien de recrutement, financées par des employeurs. » S’il a été d’abord étonné, cet expert reconnaît l’intérêt de la démarche. « Sans qu’un licenciement ou un départ soit encore à l’ordre du jour, rien n’interdit de commencer à regarder ailleurs. » Et même si ces démarches émanent pour l’instant plutôt de grands groupes, l’argument peut aussi porter dans de plus petites structures. « Au nom de l’idée de se séparer, un jour, en bonne intelligence, ce sont des formations que l’on peut aussi demander. »


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